Brouillons, journal

(Nous sommes ici) au marché

Le maraîcher qui ne m’a pas vue depuis un certain temps s’exclame tout sourire « vous avez changé de coiffure ! » et je ne saurais dire à quel point il plaisante quand il dit qu’il m’a reconnue « parce que j’étais avec monsieur ». Sa fille avait pour habitude de nous dire que nous étions beaux, jusqu’à ce que je lui réponde un jour qu’elle n’était pas mal non plus. (J’aurais fait pareil.) ((Un match Tinder que je n’ai jamais rencontré m’a dit que je ressemblais à cette jeune femme qu’avec l’ex nous appelons affectueusement, entre nous, la reine des aromates.)) Je ne lui dis pas, à son père, que je suis venue avec monsieur, mais que je ne suis plus avec monsieur et que c’est pour cette raison qu’il nous voit moins, ensemble ou séparément. Pourquoi lui dirais-je ? Cet hiver, je ne voulais pas qu’il s’imagine que nous étions de ces rigolos qui ne viennent au marché que lorsqu’il fait beau. Pourquoi ne lui dirais-je pas ? Si je peux m’imaginer aimer quelqu’un d’autre, je ne parviens pas à me voir faire le marché, ce marché, avec quelqu’un d’autre et que la reine des aromates nous disent que nous sommes beaux, que nous sommes belles. Comment font celleux qui changent de vie sans changer de ville ? (Vont-ils encore au marché ?) Étrangement, j’aménage encore le balcon que je vais quitter : je crois que je lui dis « s’il te plaît, encore un bel été (quand même) ».

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