Auteur/autrice : Laetitia Dë

  • – ARCHIVE – La manucure (Promener sa peine)

    La manucure, hommage discret de janvier.

    Aucune ville ne m’a vue aussi seule que celle-ci où j’habite et à laquelle je ne veux pour l’instant renoncer.
    Combien sont-ils, qui voyant mes ongles perdre leur habituelle couleur rouge, pourraient y voir un hommage ?
    Au bout de mes mains, les doigts d’une femme aimée : je l’embrasserais en me faisant les ongles.
    Qui pour concevoir que tous les compliments ne sont pas agréables à recevoir, que l’on se fiche parfois d’une délicatesse, d’une élégance, d’une douceur pour tous, qu’on préférerait une vulgarité sans hésitation – pourvu qu’elle soit justement adressée et reçue.

    À présent il est insupportable de causer chiffons et couleurs de laque en ton absence.
    Tu aurais fini par me mordre.

    Quand une jeune femme, les cheveux en carré, remet une mèche derrière l’oreille, je dois me pincer pour ne pas t’apercevoir.

    Tu n’as pas tenu parole : qui m’offrira un sirop de violette ? Comme elle, je t’aurais portée.
    Tu ne dis plus rien et je t’entends toujours demander si je suis prête à être une bonne amie, maintenant qu’il est trop tard.
    Je ne te retrouverai pas avant d’avoir osé toutes les maladresses ; si ma main tremble, si ma voix tremble, du courage pour sauver d’autres jours.

    Quand je suis entrée dans le Sephora, on a pu me prendre pour une cliente. Mais j’étais celle qui reste, qui cherchait ta teinte et ne se ressemblait pas. Je voulais faire glisser tes doigts contre ma joue, faire battre ta main dans mon sexe, je voulais même me tromper et décevoir, si j’avais pu les* aimer pour toi.
    J’étais en retard, personne ne m’avait prévenue.

    Il m’était presque sorti de la tête que je portais depuis bientôt une semaine une teinte étrangère. Mardi je me caressais avec tes mains, rendais tangible un souvenir pour mieux l’embrasser. Dimanche la manucure a perdu de sa photogénie et sur le point de la remplacer, je me demande si cette envie de fumer, ces derniers jours, m’appartenait ou si elle ne brûlait que tes doigts. Et ce simulacre de corps inerte qui de bon matin fit couler des larmes qu’une séduisante inconnue sécha : étaient-elles pour toi ou par toi ?

    (ARCHIVE)
    Dans Promener sa peine, janvier 2021

  • Mis en ligne une galerie argentique où l’on peut trouver un aperçu de tirages argentiques de formats divers, réalisés par mes soins.

  • Bientôt un .pdf des tirages de la série « Chambres à part » disponibles à la vente et à l’exposition !

  • Au marché, pour « Chambres à part »

  • Essai, acrylique argentée sur tirage argentique
  • Dimanche 4 septembre 2022

    Tirage de lecture 10x15cm, base de travail pour le tirage d’exposition 13×18 au cadrage et à l’exposition légèrement différents

    J’ai pu commander cette semaine une nouvelle ampoule pour l’agrandisseur ainsi qu’un réassort de chimies et papiers pour notre laboratoire argentique. Arnaud et moi commençons à avoir une quantité satisfaisante de paires pour la série Chambres à part, et il nous faut maintenant tirer en quelques exemplaires, dans ce format 13x18cm que nous avons choisi pour les présenter, chacune des images sélectionnées. J’ai travaillé sur deux d’entre elles ce week-end, dont celle présentée ci-dessus. Elle a été prise sur une pellicule Film Washi D, film dont j’appréciais beaucoup le rendu mais qui n’est plus fabriqué actuellement (à cause de la guerre en Ukraine).

    Concernant la photographie, mes envies pour les prochaines semaines sont les suivantes : me concentrer sur mes clichés argentiques n’entrant pas dans la série commune et poursuivre les expérimentations dans le labo, publier une galerie de ces images sur le site, reprendre en main mon réflex numérique (bien qu’il soit peut-être encore tôt pour nous réconcilier…)

  • Tirages argentiques 10x15cm – Trois parmi quatre essais de solarisation (ou effet Sabatier) sur un nu au savon.
  • Jeudi 25 août 2022

    L’ampoule de l’agrandisseur a rendu l’âme pendant ma dernière séance de tirage, me laissant toutefois le temps de découvrir cette image issue d’une de mes deux dernières pellicules (Ilford FP4 125, appareil Reto UWS). Elle se prête, je trouve, particulièrement bien au jeu des marges bien moins propres que celles auxquelles m’a habitué mon formateur au tirage. J’aime le cliché, le rendu du tirage autant que le souvenir d’émouvantes promenades estivales auquel elle est attachée. Le tirage est un peu plus petit qu’un 10x15cm sur un papier d’environ 13×18, un format que j’apprécie et que je risque d’utiliser de plus en plus lorsque je travaillerai sur mes images n’intégrant pas la série collaborative « chambres à part ». Je retiendrai les leçons : ne pas se contenter de ce qu’on m’a appris et toujours avoir une ampoule d’avance.