Auteur/autrice : Laetitia Dë

  • Dimanche 22 janvier 2023

    Autoportrait sur le chemin des habitudes – Tirage test, série « désir replié » (2023)

    Hier, divers essais de caches pour les petits tirages de la série « désir replié ». Je tiens le bon, pour une taille qui me convient. Prochaines étapes : la production en elle-même des tirages, et encore quelques tests pour leur présentation, commande ou réalisation de Marie-Louise sur mesure.

    Pour moi le texte s’écrira en argent sur noir ou à la machine sur un papier qui fait le même bruit que les sachets à viennoiseries, à cartes postales. Je le sais depuis que j’ai mangé un éclair dans une bonne pâtisserie de Montpellier un jour où tout le corps était manque, appel : cette série sonne comme ce papier froissé conservé en souvenir de ma gourmandise. Pour tout autre que moi, faut-il que les images expriment la même chose que pour moi ?

  • lundi 16 janvier 2023

    extrait de « désir replié »

    Il m’a été offert des crayons à papier portugais à la délicate odeur de figuier. Jusqu’à présent je n’écrivais qu’à l’encre, mais je me suis tellement attachée à ce cadeau que j’en ai changé mes habitudes. L’an dernier j’ai reçu de jeunes figuiers pour mon balcon et de délicieux biscuits faits maison aux fruits secs ; j’avais beaucoup parlé de figuiers, sans que qui ce soit ne comprenne pourquoi. Mon hommage discret à Anna, c’était lui attribuer la cause d’une extension de mon monde, celle qui me fait remarquer cet arbre quand je le croise sur mon chemin et me donne du plaisir quand je goûte ses fruits sous toutes ses formes. Pour sentir l’odeur du crayon, il faut faire le même effort que pour une peau : fermer les yeux, se concentrer, y revenir. J’en ai offert à nouveau à qui j’imaginais capable de s’émerveiller avec moi de cette découverte, comme j’en aurais offert un à Anna. En me faisant changer de point de vue, en liant en mon esprit l’amie et les figues au plaisir plutôt qu’au désir replié, c’est un objet qui réconcilie, qui me déplace, un très beau cadeau.

  • ARCHIVE – 201?

    de l’ex galerie « gourmandises »
  • Dimanche 8 janvier 2023

    Pour cette année qui commence, me souhaiter de parvenir à me débarrasser de ce perpétuel sentiment d’être en retard (sur ce que je veux, dois faire, devenir) et d’être rappelée au présent.

    Depuis plusieurs semaines j’ai arrêté la liste des (dix) images qui constituent la série « désir replié ». C’est une série en préfiguration depuis longtemps, que je nommais pour moi-même mes petites bonnardes. Elle est en effet destinée à se matérialiser en de très petits tirages, dont certains trouveront place dans un écrin, et d’autres dans une forme à laquelle je travaille encore.

    Depuis que cette série existe pour moi, existe avec elle l’idée d’un texte, un texte à écrire, qu’il soit ou non partagé avec les images auxquelles je l’associe. Un texte pour décrire un sentiment, un texte d’accompagnement (au moins pour moi) dont la forme, la longueur, m’importait peu tant qu’il existait. La série est une histoire que je voulais me raconter, et il y a quelques jours, j’ai réalisé que le sentiment allait me devenir étranger, et qu’il fallait écrire, écrire n’importe quoi, avant de ne plus rien pouvoir écrire, reconnaitre de ce sentiment. Aujourd’hui c’est chose faite, et j’ai hâte de pouvoir consacrer du temps à ces tirages pour mieux quitter ces images.

    (Note pour 2023 : arrêter de prendre des notes pour écrire plus tard, écrire tout de suite)

  • ARCHIVES Itinéraires de celle qui reste

    ARCHIVE brouillon 2017

    En retournant à Montpellier ce mois-ci, je me rappelle que les itinéraires ont commencé hier en juin, en 2017, lors de ma découverte de la ville.

  • 27.12.2022

    Carte postale ancienne de Pau trouvée en ressourcerie à Grenoble / la statue
    Attirer le passé à nous / extrait de « La contre-culture dans la photographie contemporaine » M. Poivert (Textuel, 2022)
  • 26.12.2022

    J’ai terminé hier cette pellicule que j’avais achetée il y a plusieurs mois déjà en pensant à P., qui les utilise et dont j’aime le rendu sur ses photographies. J’ai peu pris de clichés ces dernières semaines, si bien que je ne sais plus tout à fait quelles images peuvent se trouver sur cette pellicule, à l’exception de l’escalier de W. Laib qui se trouve au musée de Grenoble. Ai-je besoin d’une photo de cet escalier, quand il m’apparaît chaque fois que je contemple le tirage du fauteuil situé en face ? Il est probable que j’attende un peu avant de développer la pellicule, en tout cas ce serait le plus judicieux, car je n’ai pas besoin en ce moment d’images supplémentaires, mais d’aller au bout de ce que j’ai conçu pour celles qui existent déjà. Et puis cette envie d’écrire qui réapparaît !

  • Chambres à part – 24/12/22

    Je me souviens avoir, lors de nos premières années ensemble, cherché à partager avec d’autres hommes et femmes un enthousiasme, un désir, une curiosité qui n’étaient chez lui pas assez manifestes à mon goût.
    Un homme, qui n’avait presque uniquement cette ardeur pour me plaire et à qui j’avais confié mon faible enfantin pour la barbe à papa, avait un jour voulu me faire forte impression en donnant à un vendeur un bon billet là où une ou deux pièces auraient suffi : « la plus grosse possible s’il vous plaît ! »
    À l’époque, cela m’avait probablement séduite et amusée, seulement aujourd’hui il me semble que face à de tels élans, je me comporte telle au vendeur d’alors, offrant une portion raisonnable et rendant la monnaie.
    Aurais-je trouvé à ses côtés une sorte de vérité me tenant à distance des passions passées ? Ajusté ma gourmandise à son appétit en partageant sa vie ?
    Peut-être que la réponse ne peut se former auprès de lui, et que j’éconduis ces comportements comme on règle des comptes avec soi-même.

  • [ARCHIVE] itinéraires de celle qui reste

    « Itinéraires intimes » 201?
  • décembre 2022

    salon, décembre 2022

    Vivre avec nos images, assez longtemps pour faire le tri, éliminer celles qui lassent, ne trouvent pas leur place, garder celles dont le sens s’amplifie au fil des jours, de la vie partagée, de la compagnie des autres.

    Vivre aussi avec celles qui ne sont pas ou n’ont pas été, à (re)créer, auxquelles prêter attention pour saisir l’occasion ou la provoquer.