12.03.2019

« Je n’ai devant moi que le temps de deux lessives pour avancer sur mes projets » : il y a ne serait-ce qu’un ou deux ans, cette pensée m’aurait été à plusieurs niveaux insupportable, paralysante.

11.03.2019

« Puisqu’à quoi bon repartir si l’on a oublié le précédent voyage ? », écrivais-je alors.

10.03.2019

Je retrouve sur mon ordinateur les photos prises lors d’un court séjour à Montpellier & les quelques textes écrits sous le titre d’HIER EN JUIN [PDF à insérer]. Dans le bureau, une pochette avec un carnet et de nombreux souvenirs, dont une impression de mon relevé de compte des jours concernés : j’avais à mon retour un fort désir d’exhaustivité. Je voulais tout écrire au plus vite, que mes sensations et pensées soient encore fraîches afin qu’à chaque relecture il me semble que c’était hier.

09.03.2019

Deux très courts voyages à venir et la lecture de Poétique de la ville de Pierre Sansot imposent TERRITOIRES DE L’IMAGINAIRE/CARTOGRAPHIE PERSONNELLE comme espace de travail des semaines à venir.

Sur le chemin de retour de la boulangerie, un sourire en croisant dans mon quartier la femme de ménage du lieu où je travaille. Viennoiseries et visages familiers. Une personne de mon entourage me donne envie de me promener en tramway avec elle & je ne veux pas oublier mon territoire lorsque je le quitte d’une façon ou d’une autre.

Ce geste que j’ai le désir de faire, s’y arrêter, le décortiquer et l’étendre jusqu’à ce qu’il puisse dire quelque chose d’une démarche plus vaste, des gestes passés et à venir.

07.03.2019

Sur certains objets du bureau, j’ai apposé du gros scotch marron sur lequel j’ai écrit au feutre permanent le nom de mes projets. J’ai besoin de manifestations physiques de ce qui me traverse l’esprit.

28.02.2019

Le mardi, le jeudi après-midi, le samedi et le dimanche
& tout ce que l’on peut grapiller de temps libre aux autres jours.

J’aurais aimé terminer février avec pour chaque groupe de projets une note d’intention ; je n’ai pour aborder mars qu’un fatras de notes et d’intuitions. Notamment celle, un peu confuse, d’une bulle qui éclate. Ce sont vos retours sur le dernier numéro de Particulière, c’est un livre que l’on me conseille et que j’imagine immédiatement à sa place dans un territoire de travail, ce sont les correspondances familiales et les échos amicaux — ce sont des signes que j’interprète et intègre pendant cette transition, qui augurent encore plus de perméabilité à venir.

24.02.2019

En plus de mes lectures courantes, j’ai associé pour une durée indéterminée et de façon plus ou moins fortuite une lecture ou relecture à chaque groupe de projets. Pendant ce mois de transition, je mets en place des processus de travail, ou plutôt je crée des points d’accès à mes territoires de travail, et les lectures en font partie.

Si « Mes parents » d’Hervé Guibert a immédiatement trouvé sa place/son effet pour AIGRE DOUX, j’envisage de remplacer « La poésie a mauvais genre » de Jean-Michel Maulpoix que j’avais initialement lié aux LIENS DU /LEXIQUE/ INTIME. Pour ce dernier territoire, la dynamique des projets est encore à construire, ou à trouver au hasard d’une promenade dans le bureau.

12.02.2019

Terminé de relier les derniers exemplaires disponibles de Particulière4, février commence enfin. Passer à la suite, ce n’est pas réfléchir au numéro5 mais creuser des projets plus souterrains dont des bribes et brouillons apparaitront probablement tout de même ici ou sur instagram. J’inaugure cette espèce de journal-coulisses en même temps que je retrouve l’appareil-photo, la machine à écrire, le dictionnaire et les carnets. La fièvre et la fatigue empêchent de répondre au pourquoi et comment pour l’instant.

Sur le placard d’inspirations, j’ai déroulé un papier kraft et j’ai tracé la carte des projets 2019. On y voit trois territoires principaux, ainsi nommés à ce jour : aigre-doux, territoires de l’imaginaire/cartographie personnelle, liens du lexique/lexique intime. J’y ai placé des idées existantes, j’ai aussi laissé de l’espace pour celles à venir. À côté, de nombreuses tentatives de récréations, présages au marqueur permanent d’une année qui me sera encore trop courte.