Sous les intempéries, je garde la bouche ouverte

sous les intempéries
je garde la bouche ouverte
assis seul sur le pont, qui lit pourtant
un ami imaginé clignant de l’oeil
la complicité ne se nouerait-elle pas mieux dans l’effort que dans la satisfaction ?
accrochés aux branches cassantes
n’écoutez rien de ce que transporte le vent
les secours ne viendront pas
en levant la tête il pleut autant de raisons
de mêler vos langues à la boue
fermement responsables d’un peut être.

Jusqu’à nouer nos joies

Tourner sa langue
combien de fois déjà ?
Le monde ne s’écroule pas avec toi,
le monde s’écroule sans toi.
Poser ça là sans l’écrire, sans le dire,
à peine mâchonné.
(On voulait se débarrasser d’un geste, c’est du langage dont on constate la disparition.)